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Article
Infocéane du 20.04.05

Malgré une fermeture
annoncée en septembre P&O au Havre serait rentable
Le compte d’exploitation de P&O Le Havre a dégagé en
2003 un bénéfice de 5 millions de livres sterling révèle un rapport d’expertise
commandé par le comité d’entreprise, alors que la compagnie maritime britannique
qui assure trois aller-retour quotidiens Le Havre - Portsmouth a décidé de
fermer définitivement la ligne en septembre prochain. Les salariés (1) viennent
d’être officiellement informés qu’ils seront licenciés à la même date.
« En
2004, les chiffres auraient été tout aussi bénéficiaires. Il ne s’agit donc pas
d’une fermeture pour cause économique mais d’une stratégie boursière »,
s’insurge Frédéric Delaunay, délégué CGT de l’entreprise. Selon le syndicaliste,
P&O prépare son retrait du transmanche depuis au moins deux ans pour privilégier
le redéploiement, réputé plus lucratif, de sa branche P&O Ports, chargée de
l’investissement dans les ports du monde dont notamment celui du Havre. «
Pour justifier de son départ, P&O a fait croire que l’activité n’était pas
rentable alors que la ligne est positionnée sur un marché porteur ». Au
cours des dix dernières années – depuis la mise en service de la nouvelle gare
maritime – 8 millions de personnes ont emprunté le ferry dont près de 750.000 en
2004 « bien que la stratégie de la compagnie consistait à favoriser sa ligne
Calais-Douvres par une politique commerciale plus avantageuse ». La CGT veut
faire comprendre à l’opinion et aux pouvoirs publics que Le Havre a toutes les
cartes en main pour poursuivre une activité transmanche rentable car elle
s’appuie sur une ville de plus de 200.000 habitants et 5ème port européen.
Son site internet
http://sauvezlesferries.free.fr qui a recueilli plus de 4.000 signatures de
soutien, témoigne de l’émoi provoqué dans la population. « On ne peut pas en
dire autant des collectivités et des institutions. Le PAH fait le dos rond car
il n’a pas été capable de retenir P&O ; la mairie du Havre déplore la situation
mais renvoie la balle au conseil régional et au conseil général ». « il
ne s’agit pourtant pas de faire une ligne à la dieppoise », lance Frédéric
Delaunay à l’adresse du département échaudé par l’expérience de Dieppe. Son
syndicat va demander un rendez-vous aux deux collectivités pour leur demander de
les soutenir dans la recherche d’un repreneur « en nous aidant à communiquer
sur le potentiel de la ligne » ou d’étudier le montage d’une société
d’économie mixte, à l’image de ce qui se fait en Basse-Normandie. « A l’heure
où au Havre, l’on construit la cité de la mer, un casino, où la ville classée
station balnéaire demande son classement au patrimoine de l’Unesco, on n’a pas
le droit de laisser partir un potentiel de plus de 800.000 voyageurs par an. Ce
serait un terrible gâchis ».
(1) P&O emploie 51 CDI, 10
CDD et 5 saisonniers auxquels il faut ajouter une vingtaine de personnes
(personnel de nettoyage, cafétéria).
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